Au début, c’était le plaisir d’avoir un crayon à la main, de griffonner des lignes et des couleurs sur une surface blanche, comme si une partie de moi-même sortait et se prolongeait sur la matière. A l'image des lignes sur mes blocks de dessin, ma vie a été marquée par la ligne courbe laquelle a guidé mes pas en me conduisant à explorer différents horizons.

 

Mon passage à l'école d'Arts Appliqués à Madrid a été fondamental pour m'enrichir avec de solides connaissances théoriques et pratiques sur la composition, la couleur et la forme, en dessin, peinture et photographie. Mais cela ne me suffisait pas. Toujours j'ai été intéressé par l'être humain et ses modes de vie en société, au comment il s'investit et s'adapte à son environnement, que ce soit ici ou ailleurs. Alors, arrivé en France, je me suis orienté progressivement vers les sciences humaines passant d'abord par l'art thérapie avant d'obtenir une maîtrise d'ethnologie. C’est lors de ces études que j’ai découvert la force du cinéma documentaire et eu l'occasion de faire mon premier film. A travers cette forme d'expression, j'ai trouvé la voie me permettant de concilier ma passion pour le travail de l’image ainsi que mon intérêt pour les questions sociales. C’est à partir de là que j’ai décidé de me consacrer à la réalisation de films documentaires et de l'art vidéo. Entre temps, les lignes continuent à s'imprimer sur la surface blanche du papier.

 

Mais mon chemin ne s’arrête pas là. En effet, ma vocation pour le  travail autour de l'image m’a conduit sur des sentiers divers me permettant d'aller toujours plus loin pour découvrir et expérimenter d'autres techniques. La photographie est venue progressivement comme une évidence, car en tant que cadreur et réalisateur je suis obligé de regarder le monde à travers un viseur et d'essayer de restituer une partie de la réalité en lui rendant une consistance propre.

Avec mon appareil photographique en bandoulière je part en flânerie à la capture de formes, des lumières et des moments fugaces. Je suis un assoiffé d'images et j'observe et cherche à traduire le monde qui m'entoure, à l’interpréter et à le restituer à ma façon.

 

Avec mon travail, j'invite le spectateur à se faire sa propre impression perpétuant ainsi, par son regard actif, l'œuvre que j'ai commencé. Une œuvre d'art, quelque soit sa nature, s' arrête de vivre dès qu'elle a été finie par l'artiste, et c'est le spectateur par sa contemplation, qui lui donne vie à nouveau.